Georgia on my mind

Je suis arrivé en Géorgie en longeant la Mer Noire. A la lisière du Caucase, c’est une toute autre ambiance que la Turquie ou l’Irak qui m’attend. Premier choc : la rudesse du climat (environ – 20 degré en ce moment). Mais la beauté des paysages se succèdent aux rencontres étonnantes. Dans les montagnes, sous la neige et en pleine nuit, un homme est reste accroché a l’arrière de la 4L pendant une vingtaine de minutes avant que je ne m’aperçoive de sa présence. Il était couvert de neige, ses doigts étaient noirs d’engelures et il résistait au froid en chantant, une bouteille de vodka a la main. En Géorgie, les gens sont rudes, chaleureux et fières de parler de leur pays aux quelques étrangers qui passent. Le christianisme y est la première religion depuis des siècles (la troisième à l’avoir adoptée comme religion d’État, après l’Arménie et l’Éthiopie au IVème siècle). Les Georgiens sont majoritairement orthodoxes, religion fondée en même temps que l’Église catholique lors du schisme de 1054. Le quotidien est toujours rythmé par la vie religieuse et, de manière générale, les Georgiens sont très fervents, surtout dans les campagnes. Au volant de la 4L, chercher un des nombreux monastères qui tapisse ce petit territoire est une partie de poker : quand je ne tombe pas sur un édifice abandonne, ce sont des communautés de moines vivant en autonomie qui me donnent l’hospitalité. Perchés dans les montagnes, a l’écart de la civilisation, ces lieux inspirent à l’élévation. Paradoxalement, comme la religion orthodoxes est religion d’Etat et fortement liée a la politique, les autres religions ont parfois du mal à faire valoir leur droit. A savoir les musulmans et les catholiques. A Tbilissi, il a fallu plusieurs années au prêtre chaldéen pour obtenir l’autorisation de construire une église, et davantage pour en venir à bout. Plus au sud, entre les hautes forêts de pins, les plaines enneiges et les châteaux forts se succèdent, souvenir de l’époque ou la Nation géorgienne, rassemblant dans un unique État tous les pays partageant la même religion et la même culture, luttaient face aux envahisseurs Seldjoukides puis Mongols. Je croise un pêcheur au beau milieu d’un lac gelé. Il est issu des villages pêcheurs environnant, dont certains sont peuplés d’Arméniens Apostolique. En effet, l’Arménie n’est pas loin. C’est ma prochaine étape.
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